Au sud de Mont-de-Marsan, le projet agrivoltaïque Terr’Arbouts continue d’avancer, sans brûler les étapes. Né d’une contrainte forte de reconquête de la qualité de l’eau potable sur deux aires d’alimentation de captage, il est porté par l’association PATAV, un collectif d’agriculteurs qui construit le projet « par le terrain », avec méthode et transparence.
Un projet agricole qui se concrétise, ensemble
Le collectif explique être sorti de la séquence d’instruction réglementaire pour entrer dans le concret. « Aujourd’hui, on a passé toutes les étapes administratives : enquête publique, CDPENAF, autorisation environnementale… On rentre maintenant dans le plus concret, avec le côté technique du projet. » résume Vincent.
Ici, l’agrivoltaïsme est présenté comme un levier au service d’un projet agricole partagé : rotations, stabilité, nouvelles cultures et consolidation des filières locales. Laurent insiste sur la logique collective : « Le but, c’est de mutualiser les revenus… donc aussi de mutualiser la production et les moyens de production. »
Et derrière, l’objectif est simple : sécuriser les exploitations agricoles locales en créant les conditions pour les transmettre et installer la nouvelle génération.
Tester, mesurer, ajuster : la preuve par la démonstration
Le point qui revient souvent : rester pragmatique, documenter, et garder la main sur les réglages. Avec le soutien de la Région Nouvelle Aquitaine et du Département des Landes, une société a été créée conjointement par le Groupement d’Intérêt Public Agrolandes et l’entreprise GLHD (spécialisée dans l’agrivoltaïque) pour créer, en 2022, le 1er prototype expérimental de la « Ferme du Futur ».
Ce site d’essai grandeur nature permet de tester l’innovation agrivoltaïque et d’accompagner l’ensemble des acteurs agricoles dans leur retour d’expérience. « Le but de ce pilote, c’est de vérifier que les cultures sont compatibles avec la présence de panneaux photovoltaïques. On teste deux hauteurs de panneaux, et on a aussi une bande témoin sans panneaux, pour comparer et vérifier les différences sur les cultures. » explique Valentin.
François raconte ce que beaucoup veulent constater par eux-mêmes : est-ce que ça pousse ? Est-ce qu’on peut travailler ? Est-ce que l’irrigation et la mécanisation restent possibles ? « Ici, on le voit : ça pousse, il y a des plantes partout, en bonne santé, même aux abords des panneaux et au milieu. C’est compatible avec l’irrigation, et pour nous, ça va être stratégique. Et troisième point : la mécanisation fonctionne bien sous les panneaux. »
Pour les agriculteurs, cap sur des pratiques plus sobres, vers le « zéro phyto »
Pour aller plus loin, PATAV met déjà en œuvre des innovations agricoles très concrètes, pensées pour sécuriser des itinéraires techniques compatibles avec la contrainte de reconquête de la qualité de l’eau potable et l’objectif « zéro phyto ». François l’assume : « On engage une vraie transition agricole… des pratiques nouvelles qui nous orientent vers le zéro phyto. »
Parmi les tests déjà lancés sur le terrain, il cite notamment :
« Sur du maïs, dans l’acte de semis, on a semé du maïs enrobé avec du purin de fougère. »
« Sur une autre parcelle, on a fait des essais contre les ravageurs avec de l’huile essentielle d’ail. »
Enfin, PATAV rappelle un point important pour le territoire : le projet se veut ouvert et connecté aux élus comme aux habitants.
